Période: Remise des diplômes à l’International School of Luxembourg, juin 20253 min de lecturePublié le:
Un discours de remise des diplômes entièrement fait de catastrophes
À la remise des diplômes de l’International School of Luxembourg, en juin 2025, une diplômée a remercié l’école en énumérant chaque désastre de voyage scolaire, dans l’ordre, jusqu’à une randonnée de vingt-cinq kilomètres.

Les discours de remise des diplômes regardent d’habitude vers l’avenir. À l’International School of Luxembourg, en juin 2025, une diplômée a regardé en arrière, année après année, et a dressé l’inventaire des catastrophes.
Elle était à l’école depuis le grade 1. Elle a commencé par remercier le personnel pour sa patience, ce qui a fait rire le personnel. Puis elle a passé en revue les voyages de classe.
Un muffin qui a explosé dans un micro-ondes.
Un camping où il fallait cuisiner soi-même, ce qui a été présenté à la salle comme une injustice.
Un guide qui avait promis une petite marche et en avait livré trois heures.
Et puis le grade 9 : une randonnée de vingt-cinq kilomètres dans le nord du Luxembourg. Son groupe est parti le premier et arrivé le dernier. Entre les deux, pendant près de douze heures, ils se sont persuadés qu’ils ne trouveraient jamais le camp. On a parlé de loups. Quelqu’un a prédit qu’ils mourraient de faim avant d’atteindre les tentes.
Elle ne le referait jamais, a-t-elle dit, et elle était contente de l’avoir fait, ce qui est la critique de voyage scolaire la plus honnête que j’aie jamais entendue. Les gens perdus avec elle étaient les amis qu’elle avait encore.
Je reconnais ce discours, parce que j’en ai entendu le brouillon dans ma propre voiture. Chaque voyage scolaire de chacun de mes enfants m’a été raconté, sur le chemin du retour, en un seul mot : bien. L’aîné est revenu d’un séjour dans les Ardennes, a dit « bien », a mangé deux dîners et a dormi quatorze heures. Trois ans plus tard, lors d’un déjeuner de famille, il a mentionné en passant que son groupe avait passé une nuit « à peu près à côté » du camping et qu’un agriculteur avait été impliqué.
Mon mari a demandé quel genre d’agriculteur. L’aîné a répondu « un gentil » et s’est remis à son poulet. Nous n’en saurons jamais plus.
Le discours de la diplômée luxembourgeoise laisse penser que le récit complet existe. Il est simplement publié avec quelques années de retard, lors d’une cérémonie, devant les professeurs, quand plus personne ne peut être renvoyé là-bas.
Celle du milieu est en grade 9 maintenant. Sa randonnée a lieu en mai. Je lui ai acheté des chaussures de marche neuves, une carte, une boussole et un sifflet, et je lui ai demandé de m’envoyer un message en arrivant au camp.
Elle dit qu’elle me racontera tout à sa remise de diplôme.
À propos de cette histoire : les scènes et les dialogues sont imaginés ou librement racontés. Les informations sur les écoles citées proviennent de sources publiées, auxquelles renvoient nos fiches d’école.